Comme illustré sur le schéma ci-contre, voici ce qu’il se passe lors de la mise en place d’une perturbation neigeuse classique :
Résultat : il fait souvent entre 1 et 3 °C à Metz, Reims ou Nancy, et les précipitations tombent sous forme de pluie-neige, voire de pluie simple.
En revanche, dès que l’on prend un peu d’altitude, on retrouve l’air froid d’origine, moins influencé par l’océan. La neige peut alors tomber librement et s’accumuler dès 500 à 600 m en moyenne.
Cela explique pourquoi il neige nettement plus dans les Vosges que dans les plaines voisines.
Lorsque l’air d’origine est encore plus froid, le contraste thermique devient plus marqué.
Dans ce cas, une simple butte située vers 300m peut accumuler plusieurs centimètres de neige, tandis que la vallée voisine reste sans tenue au sol.
Quelques dizaines de mètres d’altitude peuvent donc parfois faire toute la différence.
Dans l’ouest de la France ou vers la région parisienne, la situation est souvent plus simple, l’influence océanique domine largement.
Si les basses couches restent trop douces, il ne neige pas, ce qui explique la rareté des épisodes durables dans ces régions.
Dans le Grand Est, la situation est plus complexe, notamment en Alsace et en Lorraine :
l’altitude moyenne y est plus élevée (souvent 180 à 300 m en plaine, avec de nombreux plateaux proches de 400 m),
la continentalité est plus marquée : l’air froid peut mieux résister à l’arrivée d’une perturbation.
Selon la résistance de cet air froid en basses couches, l’épisode neigeux pourra être important… ou totalement compromis.
L’enjeu des prévisions consiste donc à déterminer :
si les basses couches resteront suffisamment froides,
à quelle altitude la neige pourra tenir,
et combien de temps l’air froid résistera.