Qu'est-ce qu'un traceur ?
Un traceur est un canal d’air ionisé très fin qui se forme juste avant un éclair. Il apparaît lorsque le champ électrique à l’intérieur d’un nuage d’orage devient suffisamment intense pour commencer à « percer » la résistance naturelle de l’air.
Avant que l’éclair visible ne se produise, la décharge électrique ne jaillit pas d’un seul coup : elle prépare son chemin.
À l’intérieur d’un cumulonimbus, les collisions entre gouttelettes d’eau, cristaux de glace et grésil provoquent une séparation des charges électriques. Lorsque la différence de potentiel devient trop importante l’air, normalement isolant, commence à s’ioniser.
Un traceur descendant, appelé scientifiquement précurseur par bonds, se développe alors depuis le nuage vers le sol. Il progresse par étapes successives très rapides, de quelques dizaines de mètres chacune, en marquant de minuscules pauses de quelques microsecondes.
Sa vitesse moyenne se situe entre 30 et 100 km/s, mais son avancée est saccadée, ce qui lui donne un aspect ramifié et irrégulier.
À l’approche du sol, le champ électrique devient extrêmement intense. Des traceurs montants peuvent alors jaillir depuis des objets élevés (arbres, bâtiments, pylônes), cherchant à rejoindre le canal descendant (comme sur la photo ci-jointe entre les deux impacts de foudre).
Impact "bifide" avec traceurs près de Chaumont Juin 2018.
Lorsque le traceur descendant rencontre un traceur montant, le circuit électrique est complété.
Un courant extrêmement puissant circule alors brutalement du sol vers le nuage. C’est le coup de foudre de retour, la phase très lumineuse que nous percevons comme l’éclair.
Cette phase se propage encore plus vite que le traceur initial et transporte des intensités pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’ampères.
Les traceurs sont généralement invisibles à l’œil nu, car ils sont peu lumineux et extrêmement rapides. On peut toutefois parfois entendre des crépitements ou de brefs claquements lorsque l’activité électrique est très proche.
Les caméras ultra-rapides ont permis de mieux comprendre ce phénomène, révélant que l’éclair visible n’est en réalité que l’aboutissement d’un processus préparatoire complexe et structuré.
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